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« Le Jour de tous les excès ou la fleurs au bâton de marche »
Dans le bruit assourdissant des turbines, je regardais toutes ces montagnes et vallées franchit si vite et sans effort. L’appréhension que je ressentais me serrer le ventre, le fait d’être seul entouré de sac de riz ne me donnait aucune indication sur les populations que je m’apprêtais à rencontrer. Ma préparation physique assez sommaire, voir même ridicule après tant de cigarette et de réveil à la gorge gluante, ne me donnait que peu d’espoir quand à mes futurs performances. Les étendues de jungle commençaient à se raréfier et les reliefs des montagnes furent plus escarpés. Un paysage lunaire de sommet en neige, de pierres, et de rivières me délivra le menu pour les semaines à venir. Je n’ai échangé aucune parole avec le personnel navigant, il semblait que j’avais acquis le statut de sac de riz. L’atterrissage se profila, les pales se mirent à frapper l’air, la descente s’amorçât. L’énorme scarabée volant projeté son hombre sur les flancs des montagnes qui encaissaient la vallée de Dunaï. Je vis les premières maisons qui longeaient une rivière pendant notre approche. Le sol se rapprochait et la poussière accompagna la carlingue de l’hélicoptère sur la dernière centaine de mètre. Les roues touchèrent le sol, l’escalier métallique fut abaissé. Une minute puis mes chaussures de marche puirent fouler la terre du Dolpa. A n’en pas douter, l’optimisme me gagnât à ce moment précis, tant de difficultés surmontaient pour enfin découvrir cette région du monde en solitaire.
Mes premiers pas furent de longer l’appareil dans le sens de la marche de l’helico, a vrai dire ma seul indication géographique, revenir en arrière ne m’aurait servi à rien. En dépassant l’hélicoptère, je découvris sur ma droite un groupe de trekkeurs assez important avec porteurs et une montagne de sacs, de matériels. Le doute s’installe car partir sans guide, ni porteurs c’est quand même idiot, voir inconscient mais je l’ai voulu alors « marche ou crève » dirait le paternel. Mon premier souci évitait la police Népalaise qui pourrait me remettre dans le zinc vite fait bien fait, je profite du groupe de trekkeur pour passer devant le poste de garde en me mêlant à la foule. Connexion du gps, pour voir ma position, surprise toutes les positions préenregistrées à partir de la carte sont erronées, bon je vais donc suivre la route qui m’amène à un pont métallique qui donnent accès au village de Dunaï. Mon sac est énorme et l’ensemble des autochtones me regarde amusés, et en même temps consternés. Je décide de ne pas m’attarder dans ce village qui est le chef-lieu du Dolpa avec une grosse caserne de police.
Le village dans son centre est très beau, des grosses pierres usées par le temps pavent des rues étroites. Les échoppes sont petites mais ressemblent assez finalement à celles de Kathmandu.
Les devantures sont surchargées de multiples objets et nourritures, chips, piles, cartes téléphoniques…
Sans m’en rendre compte je passe devant le poste de police principale ou dans une guérite un policier me regarde, quoi dire à part bonjour… Pas de question, il est très tôt, la brume se dissipe. Je sors enfin du village et suit la rivière. Mon objectif Tarakot, une journée de marche que j’entame le pas léger malgré les vingt kilos de mon sac. Je suis le chemin, heureux de pouvoir humé l’Himalaya pour la première fois de ma vie. La route est belle après deux heures de route, je m’arrête au bord de la rivière remplit la gourde, mange un morceau.
La fraîcheur du torrent est délicieuse et absorbe vite la légère fatigue de mes premières heures de marche. Tout est enchantement, je me remet donc à marcher la vallée dans laquelle je me suis engagée, commença à rétrécir, et j’aperçus un groupe d’écoliers me regardant plus haut sur le flanc de la montagne. Simple curiosité, je continue donc pendant deux heures, une randonnée agréable au fil du torrent. Je rencontrais enfin un autochtone auquel je demandais confirmation sur ma route pour Tarakot. Le premier revers de la journée, ce n’est pas la bonne route. Le croisement était trois heures avant. Une pause s’imposait et ma première prise de conscience sur le fait que gaspiller son énergie en commettant une erreur d’orientation serait à l’avenir dangereux pour ma personne. Je repartis donc en sens inverse, mon sac suite à cette erreur fut plus lourd à porter. Arrivé au croisement, je sors ma carte et regarde les différents éléments topographiques pouvant confirmer ma position, sens de la rivière, compter le nombre de ponts, et les sommets indiqués sur la carte à l’aide de la boussole. C’est sur voilà la bonne route… C’est parti, je commence à marcher la route est beaucoup plus rocailleuse et les chevilles avec le poids du sac sont mis à rude épreuves. J’ai toujours cette crainte que ma blessure à la cheville gauche se ranime. Pendant une heure et demie, je croise de temps en temps un groupe de locaux qui voyant mon sac aura cette réaction qui deviendra générique.
Ici, les hommes voyages avec un tout petit sac et en basquet. Je me fais doubler par un vieux népali qui me prends en sympathie et m’encourage. Nous fîmes un bout de route ensemble et j’essayais de suivre la même allure que lui. Deuxième erreur de la journée, on ne marche pas au même rythme qu’un homme avec sac à dos de ville quand on a vingt kilo sur soi. Mais je persiste et signe mon erreur. Il décide de s’arrêter et me dit de continuer qu’il me rattraperait par la suite. Ce qu’il fit sans grandes difficultés. Le plat népalais inscrit en ma chair sa définition. Pour le moment, je peux dire que sa allait. Il devait être 14 h quand je tombais nez à nez avec un policier en civil qui m’ordonna de retourner à Dunaï. Problème… je décidais de ne pas obtempérer. Il parla aux vieux lui ordonnant de m’amener au prochain check point. Mais j’avais vu sur ma carte un sentier détournant le premier poste de contrôle entre Tarakot et Dunaï. Ce que je ne savais pas, c’est que ce policier lancerait à mes trousses une patrouille.
J’expliquais tant bien que mal au vieux népali que je devais contourner le poste, ce qu’il fit.
Mais à quel prix … ainsi la course contre le temps et la police avait commencé. Le rythme de marche s’intensifia, tous mon corps se contractait sous le poids des dénivelés positifs et négatifs. Mon souffle dur et rauque cassait le silence et se joignait au sourd bruit du torrent.
Allais-je devoir marcher de nuit avec ce détour ? Aurais je le temps de rejoindre Tarakot... Le vieux m’aida du mieux qu’il put. Nous franchîmes le premier check point par les hauteurs.
Une heure après il me confia à une népalaise se rendant à Tarakot. Le début du calvaire, nous marchâmes encore plus vite, le sentier rocailleux taillé dans la falaise, le torrent en contrebas et la fatigue, celle qui d’un mauvais pas vous propulse dans un merdier indescriptible. Deux heures après, mon corps lâchait prise, il était 17h. J’annonçais donc à la veille népali que je ne pouvais plus avancer. Elle hocha de la tête et continua sa route. Je choisissais un point en hauteur du torrent mais je n’avais pas trop le choix. Le torrent étant encaissé par deux grandes falaises. J’installe mon campement sans trop grande inquiétude. Allumé un feu, puis commencez à choisir ma nourriture. La nuit commençait à tomber. Et je m’étais préparer à passer la nuit dehors. Deux marchands avec un porteur arrivèrent alors. Ils me dirent de ne pas dormir ici, car cela était dangereux qu’un Lodge se trouvait à une demi-heure de route. Après une ou deux minutes et vue l’insistance de la troupe, je consentais à les suivre. Et j’appris que
Une demi heure pouvait pour un népalais se transformer en une heure et demie… nous marchâmes de nuit à la lampe de poche, au bout d’une heure mon corps tremblait de froid, toute la sueur emmagasinée au longs de la journée, me glaçait par la fraîcheur de la nuit.
Je m’écroulais de fatigue par terre, il était 19h. Les deux marchands partis devant, le porteur ne put rien faire. Il continua sa route. Dans la précipitation, j’ouvrais mon sac de couchage, et gonflait mon tapis de sol. Quand je vis la lumière d’une torche se dirigeait vers moi, c’était le porteur qui venait m’aider à finir la route. Je l’avoue, il prît mon sac. Et je le suivais péniblement. Brisé de partout, j’aperçus des façades de maison dans l’obscurité, puis un groupe d’individus. La police qui m’attendait grâce à leurs radios. Transi de froid, assailli de questions, debout dehors, je pus d’abord boire un milk tea, fabuleux. J’avais du mal à répondre aux questions, ma tête, mes pieds tremblaient de la morsure du froid. Après avoir expliqué qu’il fallait à tout prix que je me change, l’aubergiste qui se trouvait être le père d’un des policiers me prit en charge. Et je découvris l’hospitalité des népalais pour la première fois vraiment. Son épouse et lui furent pour moi d’une grande générosité. J’avais un lit, et je pouvais changer mes vêtements. Mon premier dal-bhat au Dolpo et une nuit de sommeil qui ne fut pas du luxe. Une journée maudite, ou la montagne m’a rappelé des règles essentielles qui par la suite, je ne manquerais pas de respecter. Un sentiment d’échec aussi, de débâcle pour ma première journée. Bref, je n’étais pas fier. La police m’avait au final attrapé, j’avais marché depuis 7H du matin à 19h30 avec Une heure et demie de pause. Soit 11 heures de marche avec mes vingt kilos. J’avais atteint mes limites. Ayant commis une erreur de parcours, j’avais perdu 5 heures de marche. J’aurais du retourner à dunaï mais c’était la journée des conneries à pas faire. J’étais marqué physiquement, moralement ce qui allait mer rendre la victoire plus belle. Me voila prévenu, le Dolpa se mérite….
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